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Vers des aires de covoiturage à « haut de niveau de service » ?

Les nouveaux usages de l’automobile ont le vent en poupe : l’auto-partage se démocratise, les services de locations de voitures entre particuliers font parler d’eux et surtout, le covoiturage fait la une de la presse. Ce dernier usage justement intéresse la puissance publique, qui tente de le conforter voir de développer, notamment à travers la compétence transports des Conseil généraux. Les objectifs quantitatifs sont finalement assez flous (le taux d’occupation à l’échelle nationale est si faible qu’il est mathématiquement facile de faire grimper celui-ci) mais ce qui est sûr, c’est que c’est un ensemble de mesures, une vision systémique qui permettront de faire évoluer les pratiques. Parmi celles-ci, je m’intéresse aujourd’hui à la mise en place d’aires de covoiturage et me pose la question suivante : comment mettre l’innovation au service de ces espaces d’interface aujourd’hui peu réfléchis ? pouvons nous tendre vers la mise en place d’aires à haut de service?


Les trajets effectués en covoiturage sont très divers. Ils peuvent être réguliers (ex : domicile-travail), irréguliers mais récurrents (ex : des étudiants qui rentrent le week-end) ou encore totalement ponctuels. Ainsi, les aires de covoiturage doivent répondre à l’ensemble des pratiques afin d’être les plus efficaces. .

covoiturage et intermodalité

Favoriser l’intermodalité

En fonction de la localisation de l’aire, il est pertinent de favoriser l’intermodalité pour le covoitureur. Celui-ci peut être amené à terminer son trajet en voiture, mais aussi en vélo, à pied ou en transports collectifs. L’installation de box à vélo sécurisés, la disponibilité d’information sur la desserte en transports collectifs ou encore le jalonnement piéton sont des mesures essentielles.


Vers une véritable approche servicielle

Aujourd’hui, de multiples articles abordent le virage pris par les gares vers le service aux clients : installation de crèches, de cabinets médicaux… Cette évolution pourrait également s’appliquer aux aires de covoiturage, qui deviennent, tout comme les gares, des lieux d’interface entre plusieurs modes de déplacements. Quels services ? la livraison de colis, le gonflage des pneus, la vente de produits alimentaires… Dans cette optique, la mutualisation du stationnement avec certains supermarchés est une piste intéressante. Si un supermarché est idéalement placé, à la confluence de flux, sur un axe important, pourquoi ne pas utiliser son parking en partie pour le covoiturage : le covoitureur bénéficierait de tous les services proposés par celui-ci : station service, alimentation, boulangerie…


Profiter des nouvelles technologies

La montée en puissance des nouvelles technologies d’information dans le domaine des transports est également un atout considérable à mettre au service des aires de covoiturage… plusieurs usages possibles. La localisation GPS de l’ensemble des aires d’un territoire permettrait d’alimenter les GPS des véhicules, les systèmes d’information multimodaux ou encore les applications ad-hoc. L’installation de capteurs sur chaque place permettrait aux éventuels covoitureurs de connaître en temps réel le taux de remplissage de l’aire qu’ils souhaitent éventuellement utiliser. L’installation d’une borne permettrait de déclarer en temps réel un besoin de covoiturage, relayé par une centrale de mobilité ; à défaut, la déclaration pourrait se faire grâce à l’utilisation d’un smartphone, via un QR-Code installé dans chaque aire.


Faire intervenir des nouveaux penseurs

La mise en place des aires de covoiturage est souvent le monopole des aménageurs ou ingénieurs transports. Pourtant, d’autres corps de métiers pourraient apporter une importante plus value à la réflexion. C’est notamment le cas des designeurs, architectes, à l’image de l’Ecole de Design de Nantes, qui a travaillé sur le projet Copilo’t. Le service Copilo’t est un module préparé en usine et installé directement sur une place de parking d’une aire de covoiturage. Copilo’t est modulable et peut fournir l’ensemble des services suivants : Vbox,  pour recevoir des colis sur l’aire de covoiturage ; un véritable espace d’attente, le service commerce, le “point stop”, sorte de borne pour le covoiturage instantané… Cette approche de service à la carte est tout à fait pertinente car elle permet de s’adapter à tout type d’aire. 

Par ces quelques éléments réflexion, on touche du doigt une des grandes (r)évolutions nécessaire dans les systèmes de mobilité à l’heure actuelle : l’approche servicielle. Elle est présente dans toutes les têtes : chez les exploitants urbains (ex : BHNS), interurbains (ex : CHNS), ferroviaires (ex : idgtv, gare & connexions…), chez les constructeurs automobiles (ex : mu by peugeot) et j’en passe… Afin de favoriser l’émergence de nouvelles formes de services, adaptés à la mobilité, il est essentiel de réfléchir à plusieurs voix, et d’essayer de comprendre le fonctionnement des usagers… vous avez dit design de service ?


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